SARL ou SAS ? guide pour choisir sans te prendre la tête
Aujourd’hui, je te confie l’expérience d’une de mes clientes :
"La première fois que j’ai dû choisir entre une SARL et une SAS, j’ai paniqué. Entre les conseils de mon comptable (‘Prenez une SAS, c’est plus flexible !’), ceux de mon avocat (‘Une SARL, c’est plus sécurisé !’) et les avis de mes potes entrepreneurs (‘Moi j’ai pris une SASU, c’est trop simple !’), j’étais perdue. Résultat ? J’ai écouté mon comptable… et j’ai payé 3 000€ de cotisations en trop la première année. Pourquoi ? Parce que je n’avais pas compris que la SAS, c’était bien pour les levées de fonds, mais pas du tout adapté à mon business de freelance qui voulait juste facturer tranquillement.
Aujourd’hui, je vais te donner toutes les clés pour éviter de faire la même erreur. On va décortiquer chaque statut comme si on démontait un meuble Ikea : étape par étape, avec des exemples concrets, et surtout, sans jargon inutile."
Le problème : Pourquoi c’est si compliqué de choisir ?
Tu veux créer ta société, mais tu te retrouves face à un mur de questions :
"Est-ce que je vais payer moins d’impôts en SARL ou en SAS ?"
"Est-ce que je peux me verser un salaire ou des dividendes ?"
"Et si je veux lever des fonds plus tard, est-ce que je peux changer de statut ?"
"Mon associé et moi, on s’entend super bien aujourd’hui… mais si on se dispute demain ?"
Le pire ? Personne ne te donne de réponses claires. Les sites officiels parlent en "régime fiscal" et "statut juridique", ton comptable te sort des tableaux Excel incompréhensibles, et tes potes entrepreneurs te disent tous des choses différentes.
Résultat ? Tu procrastines, tu stagnes en auto-entrepreneur (et tu payes trop d’impôts), ou pire… tu choisis au hasard et tu le regrettes plus tard.
La solution : SARL vs SAS, le match en 5 rounds (avec des exemples concrets)
Je vais te comparer les deux statuts comme si on choisissait entre deux appartements :
La SARL, c’est l’appart cosy et sécurisé : un peu vieux jeu, mais rassurant.
La SAS, c’est le loft branché et flexible : plus moderne, mais avec quelques pièges.
Round 1 : Le statut social du dirigeant (aka "Combien je vais payer en cotisations ?")
SARL (Gérant majoritaire) = Le régime TNS (Travailleur Non Salarié)
- Cotisations sociales : ~45-50% de ton revenu.
Exemple : Si tu te verses 3 000€/mois, tu paies ~1 350€ de cotisations.
- Avantages :
Moins cher que la SAS si tu veux te verser un salaire.
Pas de fiche de paie à gérer (moins de paperasse).
- Inconvénients :
Pas de chômage (si ta boîte coule, tu n’as pas droit au chômage).
Retraite moins avantageuse (tu cotises moins pour ta retraite).
Pas de protection en cas d’accident du travail (contrairement aux salariés).
SAS (Président) = Le régime "assimilé salarié"
- Cotisations sociales : ~55-60% de ton salaire.
Exemple : Si tu te verses 3 000€/mois, tu paies ~1 650€ de cotisations.
- Avantages :
Meilleure protection sociale (chômage, retraite, arrêt maladie).
Tu peux te verser des dividendes (et payer beaucoup moins de cotisations).
- Inconvénients :
Plus cher si tu te verses un salaire.
Plus de paperasse (fiche de paie obligatoire).
➡ Pour qui ?
Choisis la SARL si :
- Tu veux payer moins de cotisations (surtout si tu te verses un petit salaire).
- Tu n’as pas besoin du chômage (ex : tu as un conjoint qui gagne bien sa vie).
- Tu veux simplifier ta compta (pas de fiche de paie).
Choisis la SAS si :
- Tu veux une meilleure protection sociale (ex : tu es seule avec des enfants).
- Tu veux te verser des dividendes (pour payer moins de cotisations).
- Tu prévois d’embaucher (les salariés préfèrent travailler pour une SAS).
Round 2 : La rémunération (Salaire vs Dividendes – Le vrai débat)
En SARL : Le piège des cotisations sur les dividendes
Si tu te verses un salaire :
- Cotisations ~45-50%.
- Exemple : 3 000€ de salaire → 1 350€ de cotisations.
Si tu te verses des dividendes :
- Cotisations sociales (~17,2% + IR) → Pas top.
- Exemple : 50 000€ de dividendes → ~8 600€ de cotisations.
- Pourquoi ? Parce qu’en SARL, les dividendes sont soumis aux cotisations sociales (sauf si tu es en EURL à l’IR).
En SAS : Le jackpot des dividendes
Si tu te verses un salaire :
- Cotisations ~55-60%.
- Exemple : 3 000€ de salaire → 1 650€ de cotisations.
Si tu te verses des dividendes :
- Pas de cotisations sociales (seulement 30% de flat tax).
- Exemple : 50 000€ de dividendes → 15 000€ de flat tax (et 0€ de cotisations sociales).
- Pourquoi ? Parce qu’en SAS, les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales.
➡ Pour qui ?
- SARL : Si tu veux te verser un salaire régulier (ex : 2 000€/mois) et que tu n’as pas besoin de dividendes.
- SAS : Si tu veux te verser des dividendes (ex : 1 fois par an) pour payer moins de cotisations.
Mon conseil perso :
"Si tu veux optimiser tes revenus, la SAS est bien plus intéressante. Tu peux te verser un petit salaire (pour cotiser à la retraite) et le reste en dividendes (pour payer moins de cotisations). En SARL, c’est plus compliqué."
Round 3 : La gestion des associés (aka "Comment éviter les conflits ?")
En SARL : Le régime "familial" (mais rigide)
- Prise de décision :
Majorité absolue (50% + 1 voix) → Risque de blocage.
Exemple : Si tu as 50% des parts et ton associé aussi, personne ne peut décider seul.
- Cession des parts :
Droit de préemption : Tes associés ont la priorité pour racheter tes parts.
Exemple : Si tu veux vendre tes parts à un tiers, tes associés peuvent bloquer la vente.
- Avantages :
Plus sécurisé si tu es en famille (ex : SARL familiale).
Moins de paperasse (pas besoin de rédiger des statuts ultra-détaillés).
- Inconvénients :
Moins flexible (difficile de vendre tes parts).
Risque de conflit si tu es à 50/50.
En SAS : Le régime "flexible" (mais à manier avec précaution)
- Prise de décision :
Règles libres (tu peux décider dans les statuts).
Exemple : Tu peux dire que toutes les décisions se prennent à l’unanimité (ou à la majorité simple).
- Cession des parts :
Pas de droit de préemption (sauf si tu le mets dans les statuts).
Exemple : Tu peux vendre tes parts à qui tu veux, sans l’accord de tes associés.
- Avantages :
Plus flexible (idéal pour les levées de fonds).
Moins de risques de blocage (tu peux prévoir des clauses dans les statuts).
- Inconvénients :
Plus de paperasse (il faut rédiger des statuts précis).
Risque de conflit si les statuts ne sont pas clairs.
➡ Pour qui ?
- SARL : Si tu es en famille ou avec des associés de confiance (ex : ton conjoint, ton frère).
- SAS : Si tu veux plus de liberté (ex : lever des fonds, vendre tes parts facilement).
Mon conseil perso :
"Si tu as un associé, prends le temps de rédiger des statuts clairs (même en SARL). Prévoyez une clause de sortie (ex : ‘Si on se dispute, l’un de nous peut racheter les parts de l’autre à un prix fixé à l’avance’)."
Round 4 : La fiscalité (IR vs IS – Le match des impôts)
En SARL : L’IR (Impôt sur le Revenu) ou l’IS (Impôt sur les Sociétés) ?
Si tu es en SARL à l’IR :
- Tes bénéfices sont imposés sur ton revenu perso (jusqu’à 45%).
- Exemple : Si ta SARL fait 50 000€ de bénéfices, tu paies jusqu’à 22 500€ d’IR (selon ta tranche).
Si tu es en SARL à l’IS :
- Tes bénéfices sont imposés à 25% (ou 15% si < 42 500€).
- Exemple : Si ta SARL fait 50 000€ de bénéfices, tu paies 7 500€ d’IS.
En SAS : Toujours l’IS (Impôt sur les Sociétés)
- Tes bénéfices sont imposés à 25% (ou 15% si < 42 500€).
- Exemple : Si ta SAS fait 50 000€ de bénéfices, tu paies 7 500€ d’IS.
➡ Pour qui ?
- SARL à l’IR : Si tu débutes et que tu as peu de bénéfices (pour éviter l’IS).
- SARL ou SAS à l’IS : Si tu as beaucoup de bénéfices (pour payer moins d’impôts).
Mon conseil perso :
"Si tu as moins de 40 000€ de bénéfices, la SARL à l’IR peut être intéressante. Au-delà, l’IS est bien plus avantageux (que ce soit en SARL ou en SAS)."
Round 5 : La flexibilité (aka "Est-ce que je peux changer d’avis plus tard ?")
En SARL : Le statut "rigide"
- Changement de statut :
Compliqué (il faut dissoudre et recréer une nouvelle société).
Exemple : Si tu veux passer de SARL à SAS, il faut fermer ta SARL et créer une SAS (avec tous les frais que ça implique).
- Levée de fonds :
Difficile (les investisseurs préfèrent les SAS).
Exemple : Si tu veux lever 200 000€, une SARL sera moins attractive.
En SAS : Le statut "flexible"
- Changement de statut :
Plus simple (tu peux passer de SASU à SAS, ou de SAS à SASU).
Exemple : Si tu es en SASU et que tu veux prendre un associé, tu peux devenir une SAS sans tout casser.
- Levée de fonds :
Facile (idéal pour les startups).
Exemple : Si tu veux lever 200 000€, une SAS sera beaucoup plus simple.
➡ Pour qui ?
- SARL : Si tu ne comptes pas lever de fonds et que tu veux rester simple.
- SAS : Si tu veux grandir (levée de fonds, embauches, etc.).
Mon conseil perso :
"Si tu hésites, prends une SAS. Même si c’est un peu plus cher au début, c’est beaucoup plus flexible sur le long terme. Et si tu changes d’avis, tu pourras toujours passer en SARL plus tard (même si c’est un peu chiant)."
Alors, SARL ou SAS ? Le verdict final
Choisis la SARL si :
Tu veux payer moins de cotisations (surtout si tu te verses un petit salaire).
Tu es en famille ou avec des associés de confiance.
Tu ne comptes pas lever de fonds ou vendre tes parts facilement.
Tu ne crois pas dans le systeme de retraite.
Choisis la SAS si :
Tu veux une meilleure protection sociale (chômage, retraite).
Tu veux te verser des dividendes (pour payer moins de cotisations).
Tu veux plus de flexibilité (levée de fonds, cession de parts).
Tu as une maladie te rendant peu assurable par des mutuelles ou prévoyances.
Bonus : Un quizz très simpliste pour répondre à la question : "SARL ou SAS ?"
1. Quel est ton objectif principal ?
- [ ] Rester petit et simple → SARL
- [ ] Grandir, lever des fonds → SAS
2. Comment veux-tu te rémunérer ?
- [ ] Salaire régulier (ex : 2 000€/mois) → SARL
- [ ] Dividendes (ex : 1 fois par an) → SAS (Mais attention car tu ne cotises pas à ta retraite !! )
3. As-tu des associés ?
- [ ] Oui, et on se fait confiance → SARL
- [ ] Oui, mais je veux plus de liberté → SAS
- [ ] Non, je suis seul(e) → SASU (version solo de la SAS)
4. Combien de bénéfices prévois-tu la première année ?
- [ ] Moins de 40 000€ → SARL (IR)
- [ ] Plus de 40 000€ → SAS (IS)
5. Veux-tu lever des fonds ou vendre tes parts plus tard ?
- [ ] Non → SARL
- [ ] Oui → SAS
👉 Si tu as coché plus de cases "SARL" → Choisis la SARL.
👉 Si tu as coché plus de cases "SAS" → Choisis la SAS.

